Le chant des sirènes

 
Il y a un jeu dangereux que nous, les êtres humains, sommes peut-être les seuls à connaître sur cette planète. Ça va ainsi:
 
Un enfant, un jour, rencontre une situation difficile. Elle est si douloureuse qu’il sent en lui l’incapacité de l’absorber, c’est-à-dire de la faire sienne et de la transformer ensuite.
Un genre de mémoire atavique lui rappelle qu’il peut cacher cette expérience bouleversante dans un endroit secret, sombre et profond à  l’intérieur de lui-même.
À l’aide d’une énorme dose de pensée magique, il fait alors le souhait que jamais au grand jamais sa conscience ne retrouvera la trace de cet affreux souvenir.
Pour s’en  assurer, il l’enferme dans un coffre qu’il verrouille à double tour, puis il jette au loin les clés, qui se perdent quelque part dans l’obscurité.
 
L’enfant grandit. Un jour, une sensation sourde se manifeste. Elle est nulle part et partout à la fois.
Pendant des années, elle vient et repart, comme une vague.
Puis un jour, l’enfant qui a vieilli se met à entendre le chant des sirènes. Quelque chose, caché dans les profondeurs, l’appelle.
 
Il connaît des histoires de marins qui se sont laissés envoûter par cet appel et qui en ont payé de leur vie. Il y résiste donc, jour après jour, et toutes ses forces vives sont détournées vers la grosse machine de l’oubli, du déni.
 
Chaque enfant, homme ou femme, a sa propre histoire. Certains, n’en pouvant plus, vont plonger pour tenter de retrouver la clé et d’autres vont continuer d’alimenter la machine de l’oubli.
 Peu importe le chemin qu’on choisit, être présent à soi-même et au monde  demande beaucoup de ferveur.
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Depuis toujours, ta présence

 

J’ai sur ma table de chevet un petit livre qui parle du courage de changer.  Je le lis une page à la fois, tous les jours, et je tente d’apprendre à vivre sans la peur, cette compagne avec qui je chemine sans bonheur depuis l’enfance.

Je sais maintenant  que certains changements s’opèrent en nous seulement lorsque nous sommes rendus au bout de nos ressources, au pied du mur. La phrase « ça ne peut tout simplement plus continuer » se dit d’elle-même et une rupture, un renversement se produit. L’impact de ce choc ouvre une porte, une possibilité de libération.

Récemment, alors que les crises d’angoisse – déclenchées par une situation qui me touche très personnellement – se multipliaient,  j’ai appelé un ami. Il m’a parlé de ce que la peur révèle de notre état spirituel et m’a  lu à ce sujet ces lumineux propos  de  Guy Corneau :

« Chaque être doit gagner sa liberté. Le combat que chacun est amené à livrer se déroule loin des champs de bataille, il se passe à l’intérieur. C’est une lutte pour libérer le meilleur de soi.

[…] Pourtant, nous passons notre temps à négliger le meilleur de nous-mêmes. Nous n’arrêtons pas de remettre ce projet à plus tard. Nous vivons entravés, comme si quelque chose ou quelqu’un nous empêchait d’aller vers l’idéal.

 

Croyant vivre, nous nous dispersons et nous oublions l’essentiel: notre bien-être intérieur. Nous fonctionnons, parfois avec bonheur, parfois avec peine. Nous ne voyons pas que la bougie des jours diminue et qu’il ne restera bientôt plus assez de temps et plus assez d’énergie pour le grand oeuvre, l’ouvrage majeur, celui de la libération.»

 

Ces paroles m’ont accompagnée pendant plusieurs jours. Puis les mots « depuis toujours, ta présence » se sont manifestés, et j’ai commencé à entrevoir ce qu’on entend  par plus grand que soi. Certains l’appellent Dieu et d’autres, comme moi, lui parlent un peu timidement – mais avec beaucoup d’espérance – sans arriver à le nommer.

Dénouer

Écrire  permet d’exposer à la lumière du jour des états qui squattent le cœur et la tête mais demandent à être vus, reconnus. Ici, dans cet espace virtuel ouvert à toutes et à tous, il me semble tout à fait possible d’en parler.  J’ai l’espérance que quelqu’un, quelque part, va se reconnaître dans ce que je raconte et, de ce fait, se sentir accompagné. Moins seul(e).

La semaine dernière, j’ai été malade. Peu de temps auparavant, l’homéopathe qui me traitait depuis plusieurs mois  m’avait prescrit un remède en m’avertissant qu’il pourrait faire ressortir des états latents et que ce processus, nécessaire pour que la guérison ait lieu, pourrait être assez intense. Il ne croyait jamais si bien dire.

J’ai  donc passé la semaine entière à la maison, seule. Le prétexte que je m’étais donné pour m’isoler était le souci de ne contaminer personne. Mais plus les jours passaient, plus cette solitude devenait rampante et sourdement douloureuse. Un soir,  sentant qu’un genre de masse diffuse s’était insinuée petit à petit dans mon « espace intérieur », j’ai demandé de l’aide.  Je voulais voir ce qui se tramait dans les profondeurs.

J’ai d’abord posé une question en ce sens en laissant  ma main gauche écrire la réponse (liée au cerveau droit, elle permet de contourner les interférences du mental). Or c’est un tsunami qui a fait surface. Je me suis rendu compte à un moment donné que ma main appuyait avec une telle force  sur le stylo que toutes les feuilles de mon cahier étaient en train de se transformer  en charpie. En deux minutes à peine, j’avais réussi à les pulvériser entièrement. Une vague de colère comme j’en avais rarement connue dans ma vie venait de me traverser.

Je  ne vais pas relater toutes les étapes de cette « exploration » intérieure que j’ai eu la chance, encore une fois,  de faire en étant  accompagnée. Ce serait trop long.  Mais je vais dire, pour l’essentiel, que cette vague de colère couvrait un océan de tristesse et que ce gros chagrin remontait de l’enfance. Une histoire vieille comme le monde. Mais dans mon petit monde à moi, elle remontait à une cinquantaine d’années.

Ce soir-là, la personne qui m’accompagnait m’a demandé pourquoi j’avais attendu aussi longtemps pour lui dire que j’étais malade. Cette question toute simple, banale en apparence, a ouvert une brèche. De cette fissure qui reste en général colmatée de façon étanche, une réponse a jailli : « Parce que je suis forte et que je n’ai besoin de personne ». C’est à ce moment-là que j’ai senti  clairement ce que je m’étais forcée de devenir, il y a longtemps, pour conserver l’amour et l’admiration de mon père.

Pendant l’enfance, je percevais mon père comme mon unique parent. Dans son regard, ses gestes et sa voix, le message que je décelais était : « Je te vois, je te reconnais et je t’admire; toi et moi, nous sommes de la même trempe. Des durs à cuire ».

Le terme anglais « trade off », dans le sens de « compromis », m’est venu régulièrement à l’esprit ce soir-là et au cours des jours suivants. Des expressions comme « vendre son âme au diable » ou « conclure un marché de dupe » me sont aussi venues en tête. Un enfant peut payer très cher pour tenter de garder l’amour d’un parent. Et comme il a la certitude qu’il va mourir s’il perd cet amour, il échange sa vraie nature contre un personnage fait sur mesure pour plaire au parent. C’est pourquoi, j’imagine, nous sommes légion à passer notre vie dans la peau d’une « personnalité » plutôt que dans celle d’un être réel, qui se connaît vraiment. Socrate savait certainement à quel point le précepte « connais-toi toi-même » était une entreprise audacieuse.

Comment dénouer les liens virtuels qui nous maintiennent, tête et cœur liés, dans le passé? La question est primordiale.

Ce n’est pas du pessimisme que je ressens face à cette histoire, mais plutôt un élan vers la réconciliation et l’ouverture.  J’ai vu le visage d’un personnage austère, dur et jugeant qui  habite en moi, mais le simple fait de l’avoir regardé et reconnu me rassure.  Je sais maintenant qui il est.

Une histoire comme tant d’autres

Pour Noël, j’aurais pu écrire une fable ou un conte, et j’aurais eu du plaisir à le faire, mais la vie en a voulu autrement.
Depuis un mois environ, l’approche de Noël se fait sentir. C’est une sensation nettement désagréable, un va-et-vient « sourd et lourd » entre la profondeur et la surface, ou, autrement dit, entre l’inconscient et le conscient. À vrai dire, je n’ai pas souvenir d’une seule année, depuis l’adolescence, où ce phénomène ne s’est pas produit. Bien sûr, comme tant d’autres, je porte une histoire cachée qui refuse implacablement de se révéler.
Chaque année, je trouve difficile de voir tous les « chanceux » qui attendent le temps des Fêtes avec enthousiasme, qui adorent les chants de Noël, la préparation des cadeaux et des fêtes familiales. Ne pas aimer Noël est presque honteux. Moi, je n’en ai pas honte, ou si peu, mais j’en souffre.

Or vous êtes-vous déjà demandé ce qu’est la souffrance, à quoi elle est reliée et ce qu’elle « veut dire » vraiment?
Je me suis posé la question.
Après être allée souper chez celui qui a été mon compagnon pendant une grande partie de ma vie et m’être rendu compte dès la première seconde à quel point ce lien était toujours vivant, j’ai senti que la blessure de l’abandon se réactivait. Douloureusement.
Et en rentrant chez moi hier, j’ai décidé de laisser aller tout ce qui viendrait à la surface, d’ouvrir les vannes.
Et mon corps a trouvé le chemin. Il a retrouvé la position d’un bébé, à quatre pattes dans son lit à barreaux. Ce pauvre bébé pleurait depuis si longtemps qu’il était tout mouillé. Il avait appelé pour une présence et personne n’était venu. Puis il avait franchi le cap du désespoir. L’histoire commence donc par « Personne n’est venu et ne viendra jamais ». Cette histoire a été le scénario de base de toutes mes relations intimes.

Laisser remonter ce qui active la souffrance en soi est épuisant, du moins au début. Et j’étais extraordinairement fatiguée, mais je sentais qu’autre chose demandait à s’exprimer.
J’ai donc pris mon stylo et mon cahier pour continuer ma recherche dans les profondeurs, mais autrement. Le processus qui consiste à poser des questions à sa main gauche de façon à accéder à son cerveau droit, qui peut livrer des réponses sans toutes les censures du mental – contrairement au cerveau gauche –, m’a permis à bien des reprises d’entendre ce qui n’arrivait pas à se dire.

À la question « Qu’est-ce qui me bouleverse à ce point? », il n’y a eu qu’une seule réponse : La désintégration.
Et j’ai ressenti encore une fois à quel point l’exil de soi, l’incapacité d’être ce qu’on est véritablement à cause de tous ces résidus inconscients (liés au passé), mais toujours très actifs, amenaient peu à peu à la désunification intérieure, cette source universelle de grande solitude.

À la question « Qu’est-ce qui cause cette désintégration? », la réponse a été essentiellement (dans mon cas, les réponses viennent avec des images que je « vois » et ressens à des degrés divers) que dans un tunnel vertical s’empilaient des couches de moi-même qui représentaient différentes périodes de ma vie, et que le bébé était « à la base », soit tout au fond, toujours à quatre pattes, toujours brisé, et portant toutes ces strates désunifiées sur son dos.

À la question « Que représente en moi ce bébé qui pleure, à quatre pattes dans son lit? », les réponses ont fusé :
ma faille (par laquelle entrent toutes les flèches);
mon talon d’Achille;
ma faiblesse fondamentale;
la partie de moi qui ne se laisse jamais, jamais, jamais au grand jamais toucher;
le début de l’histoire de l’isolement, qui va ainsi : « Si je continue à espérer une présence, je vais encore être déçue et déchirée par le sentiment d’abandon, et si je continue à ressentir cet abandon, je vais mourir ».
Il représente entièrement mon désir insatiable d’être vue et reconnue et mon incapacité à voir l’autre (en amour et en famille).

À la dernière question, qui pourrait se traduire en anglais par « where do we go from here? », une seule réponse a fait surface : Voir.

J’ai besoin de faire la lumière entre la surface et la profondeur; voir le chemin que suivent toutes ces douleurs crystalisées dans l’inconscient et qui sont encore des dictateurs féroces, sans merci, dans ma vie.

En effet, j’appelle cette libération de tout mon cœur, plus que jamais, et suis bien déterminée à poursuivre mon chemin dans cette direction.
En espérant que ce texte pourra aider quelqu’un, quelque part, je vous souhaite de passer le meilleur temps des Fêtes possible. Et s’il y a en vous un petit bébé qui demande votre présence, ça pourrait être le début d’une très belle histoire d’amour. Et de réconciliation.

[Tag entre l’inconscient et le conscient, histoire cachée, pas aimer Noël, souffrance, lien toujours vivant, blessure de l’abandon, relations intimes, active la souffrance, main gauche, cerveau droit, grande solitude, libération, histoire d’amour, réconciliation]

 

Pour honorer cette vie qui nous est donnée

Très tôt dans la vie, on a l’impression qu’il fait trop froid et trop sombre quand on est seul. Il manque quelque chose. Le bébé, à peine sorti du cocon maternel, se sent déjà en exil. Il ne veut pas déployer ses ailes: il veut retourner là d’où il vient, retrouver la chaleur et la douceur de sa toute première maison. Inconsciemment, la plupart d’entre nous en rêvent encore, et cette quête – ce désir de réunification – est bien souvent celle de toute une vie.

En Inde, nombreuses sont les mamans qui massent leur bébé. Pour l’aider à accepter et à intégrer ce monde, hostile à prime abord. Pour le rassurer, créer avec lui un lien bien vivant et pour le toucher, tout simplement. C’est si important…

Chez nous, les « civilisés », ce rituel est pour ainsi dire inexistant. De fait, presque tous les rituels et rites de passage ont disparu de nos coutumes au fil du temps. Récemment, je me suis mise à imaginer comment nous pourrions accueillir nos nouveaux-nés; aider nos jeunes à passer de l’adolescence à l’âge adulte, et accompagner nos proches lors de leur passage entre la vie et la mort.

Les rites et rituels sont primordiaux. Ils permettent de reconnaître et souligner ce qui a vraiment de l’importance ou, dans le cas des rites de passage, de franchir une étape cruciale, non pas superficiellement mais intégralement.

Nous, qui ne manquons de rien (sauf de l’essentiel), avons tendance à traverser la vie sans trop savoir où aller, déambulant entre les désirs à combler et les peurs à maîtriser. Nous sommes légion à n’avoir jamais surmonté l’exil de la naissance ou à n’avoir jamais vraiment quitté l’adolescence.

Il nous reste tant à apprendre – ou à réapprendre – pour honorer cette vie qui nous est donnée.

Je crois

Je crois que chacun de nous aspire au dépassement. Je crois aussi que nous sommes presque tous rebutés ou franchement terrorisés par ce que nous croyons devoir traverser pour y arriver, par exemple faire un constat honnête de notre vie; regarder en face certaines peurs gardées sous-terraines; lâcher prise et, bien souvent, accepter que nous n’y arriverons pas seuls.

L’abandon, la peur et le papillon

Autour d’une table avec des collègues ou des amis*, demandez à l’un et à l’autre s’il est introverti ou extraverti, et vous verrez que votre question déclenche un déluge de «confidences» du genre «Je n’en ai pas l’air, comme ça, mais je suis affreusement timide. Si vous saviez…». Voilà des aveux qui, même s’ils donnent à la personne l’impression de se dévoiler, ne sont guère compromettants. Ils permettent à la fois de susciter l’intérêt des autres et de montrer un tout petit bout, entièrement inoffensif, de sa « nudité », sans qu’il soit nécessaire de révéler des états intérieurs moins glorieux voire inavouables, par exemple le sentiment d’échec ou la peur de l’abandon. Pas question de se montrer vulnérable en public.
Essayez, si vous êtes un peu téméraire ou curieux de l’âme humaine, la question suivante: « Vous sentez-vous souvent abandonné, totalement seul au monde? », et vous verrez que les confidences, s’il y en a, se font plus réticentes.
Pourtant, si on mettait bout à bout toutes les solitudes qui se vivent en silence sur cette terre, on pourrait en faire une grande banderole sur laquelle les mots « Je me sens si seul, si totalement abandonné! » se répéteraient sans cesse.
Après le départ de mon compagnon de vie, alors que je traversais la période de détresse la plus intense qu’il m’ait été donné de connaître, on m’a encouragée à me mettre au travail, entre autres en témoignant de ce qui m’arrivait. Or si j’avais à décrire en quelques mots ce qui hurlait à l’intérieur de moi, j’utiliserais simplement les mots « terreur de l’abandon ».
C’était là depuis longtemps, tapi quelque part dans un coin obscur de la partie la moins avouable, la moins glorieuse de mon petit moi brisé et fragmenté. Il me semblait d’autant plus vital de faire bonne figure, de présenter au monde l’image d’une femme forte, au-dessus de la mêlée, auto-suffisante. On n’a pas idée de toute l’énergie qu’on peut investir, jour après jour, dans le maintien de son image, de son personnage. Simplement, on n’a pas idée de ce qu’on se fait et de ce qu’on fait aux autres pour éviter de se monter vulnérable ou blessé. En fait, on ne veut pas le savoir.
Combien sommes-nous à revivre sans cesse un abandon qui, dans bien des cas, remonte à nos toutes premières années? Sans doute des milliards. La bouche pleine de ce pain que nous gagnons sans trop d’efforts, assis derrière nos ordinateurs, une caisse enregistreuse ou une autre de ces machines qui peuplent maintenant nos vies, nous n’avons pas résolu l’essentiel. Nous nous sentons toujours menacés d’abandon et, pour nous protéger, nous nous réfugions dans notre cocon. Nous sommes à l’ère du cocooning intégral.
Pourtant, aussi longtemps que puisse prendre le passage de l’état de chenille à celui de papillon, la guérison de ce mal universel est toujours accessible. Et contrairement à ce que peut penser le commun des mortels, l’amour d’une éventuelle âme sœur n’a pas grand-chose à y voir. Comme le dit si bien Byron Katie dans son livre I Need your Love – Is That True? (J’ai besoin que tu m’aimes: est-ce vrai?), quand on se retrouve véritablement, qu’on renoue avec ce qui est essentiel à l’intérieur de soi, on est submergé par un profond et puissant sentiment d’amour. Avoir un amoureux ou une amoureuse devient alors tout simplement comme un surplus, un cadeau qui s’ajoute en prime.
Lors d’une intervention, devant public, auprès d’une jeune fille qui affirmait avoir besoin d’un boyfriend pour être heureuse, Byron Katie a soumis cette affirmation à une série de questions (il s’agit d’une approche que Byron a conçue et nommée the Work). À la fin du processus, après que la jeune fille ait admis souhaiter avant tout se sentir bien et en paix avec elle-même, Mme Katie lui a dit « Et tout ce temps, tu étais celle que tu attendais ».
Aucun amoureux ou amoureuse, aussi tendre et attentionné soit-il, ne peut combler chez l’autre le vide laissé par «l’absence à soi-même». Or cette absence génère beaucoup d’anxiété. On a l’impression d’habiter une maison qui repose sur du vide ou, comme le disait un psychothérapeute de ma connaissance, de se sentir, face à soi-même, comme si on n’était pas entre bonnes mains.
Jamais je ne prétendrai que la route est facile quand on cherche à retrouver sa « flamme d’origine » et, par le fait même, redonner un sens à sa vie. Je suis encore sur cette route, et il m’arrive de la trouver terriblement longue. Je peux dire en revanche que sur ce chemin accidenté, parfois solitaire et incertain, je peux enfin entendre battre le cœur du monde à l’unisson avec le mien. Et croyez-moi, ce n’est pas rien.

Vivamimi

Cet article se trouve également à http://femmescoeur.wordpress.com/

*Pour des raisons purement grammaticales qui semblent difficiles à contourner, le masculin inclut le féminin dans cet article.